Tuto réseau DMX : Node ou splitter : lequel utiliser sur un plateau ?

Splitter DMX, node Ethernet, Art-Net, sACN, univers DMX… Dès qu'une installation lumière commence à prendre de l'ampleur, il devient facile de mélanger les rôles de ces différents équipements.

Pourtant, la différence entre un splitter DMX et un node Ethernet/DMX est assez simple.

Un splitter sert principalement à distribuer et isoler un signal DMX existant.

Un node sert à transformer des données réseau Art-Net ou sACN en sorties DMX physiques.

Et sur une installation professionnelle, les deux sont souvent complémentaires.

Commençons par le DMX

Un univers DMX512 peut transporter jusqu'à 512 canaux.

Sur une petite installation, c'est largement suffisant. On peut partir d'une console, entrer dans le premier projecteur, puis repartir vers le suivant et ainsi de suite.

C'est ce qu'on appelle le daisy chain.

Mais lorsque les projecteurs commencent à être répartis à plusieurs endroits du plateau, cette méthode devient rapidement peu pratique.

C'est là qu'intervient le splitter.

À quoi sert un splitter DMX ?

Le principe est simple : un splitter DMX reçoit un signal DMX et le duplique vers plusieurs sorties.

Si vous entrez l'univers 1 dans un splitter 8 sorties, les huit sorties transmettent toujours l'univers 1.

Le splitter ne crée donc aucun univers supplémentaire.

Son intérêt est ailleurs.

Il permet de diviser une ligne DMX en plusieurs branches indépendantes et, lorsqu'il s'agit d'un véritable splitter opto-isolé, d'assurer également une isolation électrique entre les différentes lignes.

Pourquoi cette isolation est-elle importante ?

Sur un plateau, les projecteurs ne sont pas nécessairement alimentés depuis les mêmes circuits électriques et les longueurs de câble peuvent devenir importantes.

L'isolation permet de limiter la propagation de certains défauts électriques et de réduire les problèmes liés aux différences de potentiel entre équipements.

Autre avantage : si une branche DMX rencontre un problème, les autres lignes ont davantage de chances de continuer à fonctionner normalement.

C'est pourquoi les splitters restent extrêmement utiles, même sur des installations modernes utilisant Art-Net ou sACN.

Le splitter permet surtout de mieux organiser le câblage

Imaginez un plateau avec plusieurs zones :

  • une ligne pour les projecteurs au plafond ;
  • une ligne pour les sources côté jardin ;
  • une autre côté cour ;
  • une dernière pour le décor.

Sans splitter, il faudrait parfois construire une longue chaîne DMX passant successivement par toutes ces zones.

Avec un splitter, on peut partir d'un point central et distribuer plusieurs lignes indépendantes.

C'est beaucoup plus propre et surtout beaucoup plus simple à dépanner.

Alors, à quoi sert un node Ethernet/DMX ?

Le node répond à un autre problème.

Dès qu'une installation utilise plusieurs univers DMX, transporter chaque univers avec son propre câble devient rapidement peu pratique.

C'est précisément l'intérêt des protocoles réseau comme Art-Net et sACN.

Au lieu de transporter directement le signal DMX512 sur une liaison XLR, les informations DMX sont encapsulées dans un réseau Ethernet.

Un seul réseau peut ainsi transporter de nombreux univers simultanément.

Le node sert ensuite de passerelle entre ces deux mondes.

Ethernet → Node → DMX

Le node reçoit les univers Art-Net ou sACN présents sur le réseau et les convertit en sorties DMX physiques utilisables par les projecteurs.

Exemple avec un node 4 ports

Prenons un node équipé de quatre sorties DMX.

On pourrait configurer :

Port 1 → Univers 1
Port 2 → Univers 2
Port 3 → Univers 3
Port 4 → Univers 4

On dispose alors de quatre univers indépendants, soit jusqu'à 2 048 canaux DMX.

Mais les ports ne sont généralement pas obligés de se suivre.

Selon le node utilisé, on pourrait très bien avoir :

Port 1 → Univers 1
Port 2 → Univers 8
Port 3 → Univers 20
Port 4 → Univers 42

C'est une différence fondamentale avec un splitter.

Sur un splitter, toutes les sorties reproduisent le même signal.

Sur un node, chaque sortie peut recevoir un univers différent provenant du réseau.

Art-Net et sACN : pourquoi passer par Ethernet ?

Le principal avantage n'est pas simplement d'avoir « plus de canaux ».

C'est surtout de pouvoir transporter énormément d'informations sur une infrastructure réseau standard.

Imaginez une régie située à plusieurs dizaines de mètres du plateau avec huit univers à transporter.

En DMX traditionnel, cela peut vouloir dire huit longues lignes DMX.

Avec une architecture réseau, une seule liaison Ethernet ou fibre peut transporter l'ensemble des univers jusqu'au plateau.

Une fois arrivé à proximité des projecteurs, un ou plusieurs nodes reconvertissent les données réseau en DMX physique.

C'est particulièrement intéressant pour les studios, plateaux cinéma importants, installations LED complexes, tournées et systèmes de contrôle lumière centralisés.

Faut-il alors remplacer les splitters par des nodes ?

Non.

Et c'est probablement le point le plus important à comprendre.

Un node et un splitter ne remplissent pas la même fonction.

Dans beaucoup d'installations professionnelles, on utilise les deux.

Le réseau sert à transporter plusieurs univers sur de longues distances et les splitters servent ensuite à distribuer localement chaque univers.

L'architecture hybride : souvent la solution la plus logique

Prenons un exemple.

La console lumière envoie plusieurs univers en sACN ou Art-Net sur le réseau.

Une liaison Ethernet ou fibre transporte ces données jusqu'au plateau.

Un switch réseau distribue ensuite le signal vers différents nodes.

Un node situé près du décor récupère par exemple quatre univers DMX.

L'une de ses sorties peut ensuite être envoyée vers un splitter qui distribue cet univers vers plusieurs groupes de projecteurs.

On obtient alors :

Console → Réseau → Switch → Node → Splitter → Projecteurs

Cette architecture combine les avantages des deux technologies.

Le réseau transporte efficacement plusieurs univers sur de longues distances.

Le node sélectionne et convertit les univers dont on a besoin.

Le splitter assure ensuite la distribution DMX locale.

Et le RDM dans tout ça ?

Le RDM (Remote Device Management) permet une communication bidirectionnelle entre le contrôleur et les appareils compatibles.

Contrairement au DMX classique, où les informations circulent essentiellement de la console vers le projecteur, le RDM permet également au projecteur de renvoyer certaines informations.

On peut notamment, selon les équipements, modifier une adresse DMX, identifier un appareil ou consulter certains paramètres à distance.

Mais pour que cela fonctionne sur l'ensemble de la chaîne, les équipements intermédiaires doivent eux aussi correctement gérer le RDM.

Si vous souhaitez exploiter cette fonction, vérifiez donc la compatibilité RDM du node mais également du splitter.

Attention au réseau

Un splitter DMX est généralement très simple à utiliser :

on branche, et ça fonctionne.

Un node demande un minimum de connaissances réseau.

Adresse IP, masque de sous-réseau, Art-Net, sACN, multicast, configuration des univers… une mauvaise configuration peut rapidement provoquer des comportements difficiles à diagnostiquer.

Sur les installations importantes, le réseau lumière doit donc être considéré comme un véritable réseau informatique et être conçu proprement.

Alors : splitter ou node ?

La réponse dépend finalement de ce que vous cherchez à faire.

Si vous avez un univers DMX que vous souhaitez simplement distribuer vers plusieurs endroits du plateau, utilisez un splitter.

Si vous devez transporter plusieurs univers sur un réseau Ethernet, utilisez un node.

Et si votre installation commence à devenir importante, la meilleure solution sera très souvent de combiner les deux :

Ethernet pour le transport.
Nodes pour la conversion.
Splitters pour la distribution locale.

C'est une architecture simple, évolutive et particulièrement efficace pour organiser proprement un réseau lumière professionnel.

💡Le conseil DopPro

Ne choisissez pas un node simplement parce qu'il semble plus moderne qu'un splitter.

Posez-vous plutôt une question simple :

« Est-ce que j'ai besoin de distribuer un univers existant, ou de transporter et récupérer plusieurs univers depuis un réseau ? »

Dans le premier cas, vous avez probablement besoin d'un splitter.

Dans le second, vous avez besoin d'un node.

Et sur un plateau suffisamment important, vous aurez probablement besoin des deux.

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